La basse et la batterie de Fugazi. Rien que ça.

THE MESSTHETICS & JAMES BRANDON LEWIS

Joe Lally et Brendan Canty, bassiste et batteur de Fugazi, sont de retour. Mais pas question de ressortir les vieux morceaux du placard. Avec The Messthetics, ils continuent d’explorer ce qui les a toujours animés : une musique libre, physique et imprévisible.

À leurs côtés, le guitariste Anthony Pirog et, désormais, le saxophoniste James Brandon Lewis. Un drôle de quatuor, quelque part entre punk, jazz, rock expérimental et improvisation.

Fugazi, le point de départ

Avant The Messthetics, il y avait Fugazi.

Pendant quinze ans, Joe Lally et Brendan Canty ont formé la section rythmique de ce groupe devenu incontournable de la scène punk et D.I.Y. américaine. Une basse massive, une batterie en mouvement permanent et une complicité qui permettait aux morceaux de partir dans toutes les directions.

Lorsque Fugazi met son activité entre parenthèses au début des années 2000, leur histoire musicale, elle, n’est pas terminée.

Des années plus tard, Lally et Canty se retrouvent avec Anthony Pirog au sein de The Messthetics. Pas de reformation nostalgique ici : le trio reprend cette énergie commune pour l’emmener ailleurs.

Le résultat ? Des morceaux instrumentaux où le punk croise le jazz, le noise et l’improvisation, avec une place énorme laissée au jeu et à l’instant.

Même moteur, nouveau terrain de jeu

Il faudra attendre plusieurs années pour que Lally et Canty se retrouvent véritablement autour d’un nouveau projet.

Avec The Messthetics, ils s’associent au guitariste Anthony Pirog, musicien de la scène expérimentale de Washington D.C. Le trio se construit loin de toute logique de reformation : pas question de refaire Fugazi, encore moins de jouer sur la nostalgie.

Ce qui revient, en revanche, c’est leur manière de fonctionner ensemble.

La basse et la batterie ont gardé cette puissance, cette précision et cette capacité à se répondre presque instinctivement. Mais cette fois, elles évoluent dans un espace où tout peut arriver. Les morceaux sont instrumentaux, les structures plus ouvertes, et les influences vont chercher aussi bien du côté du jazz, du noise, du rock expérimental que de l’improvisation.

Le punk n’a pas disparu. Il est devenu une façon de jouer.

Et puis James Brandon Lewis entre dans la danse

Figure majeure du jazz contemporain, le saxophoniste rejoint progressivement l’aventure après plusieurs rencontres sur scène avec The Messthetics. Et là, les choses deviennent encore plus intéressantes.

Son saxophone vient se mesurer à la guitare d’Anthony Pirog, à la basse de Lally et à la batterie de Canty. Ça joue fort, ça improvise, ça se répond, ça dévie. Pas de cases, pas de trajectoire toute tracée : juste quatre musiciens qui s’écoutent et construisent la musique ensemble.

Et finalement, c’est peut-être là que se trouve le vrai lien avec Fugazi : cette envie de prendre des risques et de ne jamais considérer une formule comme acquise.

Rendez-vous au Bateau

Alors oui, le 30 octobre au Bateau Ivre, vous aurez l’occasion de voir deux membres de Fugazi sur scène.

Mais surtout, vous découvrirez ce qu’ils sont devenus : quatre musiciens qui continuent de chercher, d’expérimenter et de faire exploser les frontières entre les genres.

Vous aimez le punk, le jazz et les concerts qui peuvent prendre une direction inattendue ? On vous donne rendez-vous le 30 octobre pour ce concert exceptionnel organisé par Le Petit Faucheux.